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Affirmation athée : une nécessité

Depuis pas mal d’années les mauvais signaux des offensives religieuses s’accumulent : propagande et activisme anti-IVG et anti-contraception, offensives contre l’éducation à l’égalité des droits,  attaques de plus en plus violentes contre la liberté sexuelle, « manif pour tous », mise en cause de toute critique des religions visant à instaurer un délit de blasphème, affaires de voile téléguidées ou pas par des fanatiques de l’islam, radicalisations diverses, plaintes en justice, intimidations, assassinats,…

Deux ans après le massacre de Charlie Hebdo par des fanatiques religieux, le constat est accablant : l’ingérence des religions dans la vie publique est permanente. Tout se passe comme si pour conjurer les excès assassins des fondamentalistes la société devait se répandre dans un œcuménisme dégoulinant sur l’air du « tous ensemble, aimons nous les uns les autres », dans un concert de religions qui auraient pour vocation la concorde universelle.

La solidarité, l’égalité, la lutte contre le racisme et la xénophobie, la lutte contre la domination masculine ne s’en trouve aucunement grandis. Bien au contraire, sous couvert d’une pseudo fraternité seules les religions et leurs valeurs conservatrices sont mises en avant. Exit les athées qui n’ont visiblement pas droit de cité dans le concert médiatico politique.

Dans un contexte de campagne électorale permanente il n’est pas étonnant que les candidats de toutes obédiences veillent à ne pas se mettre à dos la moindre part de leur électorat. Mieux encore il s’agit de les attirer en leur donnant des gages. Les petites phrases et les discours des prétendants à la Présidence de la République « Laïque » sont pour certaines très inquiétantes, et pour d’autres pour le moins floues ou ambigües.

Les athées par définition n’ont pas d’églises, de temples, de mosquées ou de synagogues. Il leur est donc difficile de s’exprimer en tant que tels. Pourtant plus de la moitié des français se déclarent sans religion (Le Monde.fr 7/05/2015, Leila Marchand, voir encadré). La France est l’un des pays les plus athées au monde et d’après les critères établis par une étude Gallup (citée par Atlantico.fr, 21/07/2016), la tendance à l’athéisme est mondiale et en progression. Dans le top 5 des pays athées (sur 50 pays interrogés), la France tient la 4e place, derrière la Chine, le Japon et la République tchèque.

Si nous ne voulons pas que les religieux prennent ou reprennent la main sur la vie publique, nous devons agir contre l’invisibilisation du fait athée. Il y va de notre liberté de conscience et de la Liberté avec un grand L. Face à l’obscurantisme religieux, face aux prédicateurs d’un ordre moral rétrograde et liberticide, il nous paraît éminemment nécessaire que le plus grand nombre possible d’athées s’affirment publiquement.

Voilà pourquoi nous proposons et nous lançons ce manifeste athée sous forme de pétition (à signer en ligne sur la plateforme change.org)

Il va de soi que nous sommes solidaires des athées qui le revendiquent ou qu’on désigne comme tels et sont de ce fait en butte à la répression et à la discrimination partout dans le monde.

Nous sommes également solidaires et partie prenante de toutes les luttes contre toute forme d’ingérence de quelque religion que ce soit dans tout ce qui relève de la définition et de l’exercice des droits citoyens.
Organisation Anarchiste – mars 2017

organisation_anarchiste@infosetanalyseslibertaires.org
http://infosetanalyseslibertaires.org

La France, un des pays les plus athées au monde
La tendance à l’athéisme est mondiale d’après les critères établis par l’étude Gallup. Depuis 2005, date de leur précédent sondage, la part de personnes « religieuses » a baissé de 9 % et la part de personnes athées a augmenté de 3 %. Mais la situation française reste une exception dans un monde où la religion garde encore une place de premier plan : plus de la moitié (59 %) de la population mondiale se sent toujours « religieuse » et 13 % seulement se déclarent athée.

La carte du Washington Post à partir des données de l’étude Gallup montre la place des pays les plus athées dans le monde. Washington Post / WIN/ Gallup International Dans le top 5 des pays athées (parmi la cinquantaine de pays interrogés), la France tient la 4e place, derrière la Chine, le Japon et la République tchèque. L’étude met en corrélation ces résultats avec la richesse du pays concerné. Une grande partie des pays les plus religieux comptent également le plus petit revenu national brut : Ghana, Nigeria, Roumanie, Kenya, Afghanistan… A l’inverse,  les moins religieux sont souvent les plus aisés, comme la France, le Japon, la Suède, Hongkong, l’Australie, l’Allemagne ou les Pays-Bas.

Leila Marchand,  LeMonde.fr, 7/05/2015

Le manifeste athée

  •  Je suis athée parce que je ne crois pas en l’existence d’une entité supérieure créatrice et ordonnatrice de toutes choses.
  •  Je suis athée parce que je préfère penser plutôt que croire.
  •  Je suis athée parce que je pense que le concept de Dieu ne sert pas à expliquer le monde.
  •  Je suis athée parce que je refuse toute forme de soumission.

Je signe le manifeste athée parce que :

  •  Je constate que le fait athée, quand il n’est pas réprimé, est invisibilisé ;
  •  Je pense que la Religion, les religions n’ont pas à interférer dans la vie publique ;
  •  Je ne veux pas que le droit soit dit par la Religion ;
  •  Je suis solidaire des athées que l’on réprime, fouette, torture, exécute, partout où la Religion a des visées hégémoniques ;
  •  Je pense que le fait religieux est un frein au progrès social et scientifique ;
  •  Je pense que la Religion est la négation de l’émancipation ;
  •  Je sais que la Religion opprime et asservit les femmes en priorité ;
  •  Je m’oppose à toute forme d’embrigadement des enfants ;

Pour toutes ces raisons je pense nécessaire de m’affirmer publiquement en tant qu’athée, c’est le sens et le but de cette démarche. En signant ce manifeste je le fais mien et j’en fais la promotion avec pour objectif l’émancipation du genre humain de toute forme d’obscurantisme et de tout système de domination.
Ce manifeste est disponible à la signature en ligne sur la plateforme change.org

Quand est-ce qu’on les arrêtera?

Un CDI pour l’état d’urgence

Depuis la mise en place de l’état d’urgence à la suite des attentats de novembre dernier, on se doutait bien que le gouvernement allait le prolonger. En attendant de légiférer pour renforcer encore plus les droits de police, l’État, son Président et son gouvernement ont obtenu sans avoir besoin de batailler le renouvellement des pouvoirs spéciaux votés par la représentation nationale. En distillant méthodiquement les injonctions patriotiques, les déclarations alarmantes pour entretenir la peur et les autojustifications visant à démontrer l’efficacité antiterroriste de l’état d’urgence, le chef de l’État et ses lieutenants ont conditionné l’opinion à l’acceptation massive de la mise entre parenthèse pour longtemps des libertés publiques ou plutôt de ce qu’il en restait…

Les expressions, somme toute raisonnables, dénonçant la prolongation des pouvoirs spéciaux comptent pour du beurre: elles ne pèsent rien devant le rouleau compresseur de l’État. Les bottes bien cirées, les chefs de guerre font leur boulot et en remettent une couche. Après deux CDD l’état d’urgence pourrait bien obtenir un CDI: la raison majeure invoquée pour la première prolongation, la persistance de la menace terroriste, sera toujours invocable et ce pour très longtemps.

La menace permanente du prochain attentat justifie tous les excès de l’État policier: fichage et flicage généralisés, propagande sécuritaire, bricolage de la constitution, enfumage avec le pseudo-débat sur les bi-nationaux, retour du contrôle aux frontières,…

La précarité généralisée pour les autres

Tract-articleToulousemars2016En même temps que nos gouvernants s’affairent à inscrire les pouvoirs spéciaux dans la durée, ils s’appliquent avec une grande détermination à placer les citoyen-nes de ce pays dans une situation de précarité généralisée. La dernière bombe lâchée par les rouleurs et rouleuses de mécanique qui nous gouvernent c’est la loi sur la réforme du code du travail. Celles et ceux qui ont l’expérience des méthodes patronales en entreprise ne doivent pas être surpris par la méthode mise en œuvre. C’est toujours la même façon de procéder: on nous annonce le pire (on ne sait jamais: ça pourrait passer), pour imposer un peu moins que le pire.

En l’occurrence il ne s’agit que de continuer l’œuvre de déconstruction entamée par les gouvernements de droite ou de gauche qui se succèdent aux affaires pour laisser toujours plus de liberté de manœuvre à ceux qui détiennent le pouvoir économique.

Pour mener à bien cette opération, tous les moyens sont bons et toutes les opportunités sont intéressantes. Le contexte post attentats fait partie de ces opportunités qui sont bonnes à prendre. Les chefs du gouvernement ne se privent pas en effet de pilonner l’opinion en nous expliquant que « nous sommes en guerre » et qu’il y a urgence à avancer à marche forcée vers la modernité du « 21ème siècle ». L’arrogance le dispute à la suffisance dans les discours des ministres qui ne tolèrent aucune contestation. Ceux ou celles qui osent exprimer des critiques sont immédiatement taxés d’immobilisme, d’archaïsme. Quant aux salarié-es qui luttent contre les plans de licenciement: à la moindre bousculade, à la moindre pression, c’est le tribunal et la prison qui se profilent.

Démocratie ?

Sur tous les projets c’est la même rengaine: si on n’est pas d’accord c’est qu’on n’a pas compris. Ne pas être d’accord avec la toute puissance de l’économie de marché est considéré par la classe dirigeante comme l’expression d’une déviance pathologique voire d’une hérésie intolérable. Car c’est bien d’une classe qu’il s’agit: celle des oligarques qui se partagent le pouvoir politique et économique. Un pour cent des habitants de la planète possède la moitié de ses richesses: cette statistique spectaculaire en dit long sur l’état du monde.

Une poignée d’oligarques, politiques, économiques et religieux tiennent le monde entre leur griffes et ne sont pas prêts de lâcher prise.

Les espoirs révolutionnaires nés au 19ème siècle ont été broyés et réduits en cendres tout au long du 20ème siècle. Communisme autoritaire, fascismes, guerres mondiales, rien ne nous aura été épargné. De tout cela malgré des progrès techniques et scientifiques considérables il ne reste que le chaos capitaliste et fanatico-religieux.

C’est ce modèle de société fondé sur l’inégalité politique et sociale que les gouvernements qui se succèdent défendent au nom d’une modernité derrière laquelle se cachent une ribambelle de profiteurs réactionnaires qui n’ont rien à envier aux privilégiés de l’ancien régime: les ci-devant que les petites gens devenus citoyen-nes avaient cru chasser pour toujours.

Résister et contester pour construire d’autres futurs

Les citoyen-nes ont leur part de responsabilité dans cette débâcle mondialisée: en s’en remettant, élections après élections, aux état-majors politiques, de droite comme de gauche, et aux centrales syndicales pour gérer le monde à leur place et négocier en leur nom.

Alors oui disons le sans détour il y a urgence à résister en contestant l’ordre établi avec pour objectif la construction d’un monde nouveau.

Ainsi il nous paraît nécessaire de nous opposer aux politiques guerrières et impérialistes des États, à tous les débordements et à toutes les tentatives criminelles auxquelles les pratiques politiques et religieuses quelles qu’elles soient s’adonnent, à toutes les tentatives d’ancrage dans la société de menées racistes, xénophobes et fascistes, ainsi qu’à l’état d’urgence, aux lois sécuritaires et liberticides.

Lutter contre tous les discours identitaires, racistes, religieux, nationalistes, fascistes nous impose de nous engager autour des valeurs suivantes:

  • l’égalité économique et sociale,
  • la défense des droits des femmes contre le patriarcat,
  • la défense de la laïcité,
  • la dénonciation des discours nationalistes et xénophobes d’où qu’ils viennent,
  • la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous
  • la perspective d’une société débarrassée de tous les systèmes de domination,
  • une société que nous voulons, autogestionnaire et solidaire…

Cette construction d’un autre futur ne passera pas par une primaire à gauche ou autre incantations désespérée. Faire de la politique autrement passe par encourager et développer la capacité d’auto-organisation des collectifs d’individu-es, qui se battent pour gagner le pouvoir de décision sur leurs vies. L’avenir c’est l’auto-organisation et l’autogestion étendues à tous les domaines de la vie sociale pour que personne ne décide à notre place.

Cela nécessite une révolution radicale de la vie politique comme l’instauration de mandats révocables et la déprofessionalisation des activités politiques. Cela nécessite de remplacer la représentation par la délégation à tous les niveaux de la vie sociale, dans les entreprises, dans les quartiers et les écoles.

Ensemble, pensons et construisons la Révolution sociale et libertaire !


Groupe Albert Camus

Organisation Anarchiste Toulouse (organisation_anarchiste@infosetanalyseslibertaires.org )

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