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IAL de Septembre 2017


EDITO DE RENTRÉE

Ce numéro d’infos devait sortir en juin et puis nous voilà en septembre et vous l’avez enfin sous les yeux…
Nous y traitons des dernières élections, de notre campagne d’affirmation athée et d’autres sujets avec toujours pour objectif de proposer à celles et ceux qui nous lisent nos réflexions d’anarchistes sur les grands thèmes de l’actualité politique et sociale. Une façon de résister à tous les coups que nous assènent les gouvernements successifs et leurs copains du patronat réunis …


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Macron mène la guerre sociale ? Grève générale !

Réformes anti-sociales, oligarchie politicienne crasse,  mépris des pauvres, etc…
Et nous devrions nous soumettre ?…

 

La Politique autrement ?
C’est sur ce mantra qu’une nouvelle équipe a fait main basse sur la représentation nationale et le gouvernement du pays. Fini la politique à papa, on allait voir souffler le vent du renouveau qu’ils disaient! Quel renouveau en effet que celui d’un ministre de la justice en charge de la moralisation de la vie publique obligé, à peine installé, de quitter le gouvernement avec d’autres ministres de son parti pour cause de bricolages avec l’argent public ! Quel renouveau que l’arrogance du président à la pensée complexe qui est persuadé que le petit peuple n’est pas en capacité de comprendre ses projets pour la France et même pour le Monde, en toute simplicité ! Quel renouveau que de charger le gouvernement précédent pour justifier toutes sortes de coupes budgétaires !… Une fois de plus, plus ça change, plus c’est pareil, voire pire.

 

Déclaration de guerre des classes !
Le gros morceau de la rentrée c’est bien sûr la Loi Travail n°2. Les opposant-es à la première mouture avaient déjà tâté de la matraque socialiste, il est fort probable que les mêmes arguments seront distribués à celles et ceux qui ne se résignent pas à avaler les couleuvres que la bande de managers au pouvoir nous servent à grand coups d’ordonnances : ça va gazer dans les rues, on peut en être sûrs ! L’avenir se dessine très clairement : les licenciements se feront maintenant encore plus facilement et pour un coût facile à prévoir puisque les indemnités pour licenciement abusif seront plafonnées. Tout le reste n’est que du baratin. Les tauliers du MEDEF ne cachent pas leur joie, qu’est-ce qu’ils ont dû siffler comme champagne ces derniers jours !
La liste est longue : baisse de cinq euros par mois pour les Aides Pour le Logement, état d’urgence permanent, gel des contrats aidés, réforme du droit du travail, réforme des impôts, etc… Étrange comme le hasard est fait, l’État serre la ceinture des plus pauvres tandis que les plus aisés se déboutonnent !

 

Un monde nouveau
Merde aux tribuns du peuple, populistes, orateurs ou oratrices, opportunistes de tous bords, celles et ceux qui nous exhortent à continuer de croire en des lendemains électoraux qui chantent la Marseillaise. A nous de construire à présent ! A nous de penser et bâtir un monde nouveau, libre, égalitaire et solidaire. Les anarchistes sont de ce combat de tous les jours. A chacun et chacune d’y prendre sa part, loin des sirènes politicardes, patriotardes et religieuses.

Organisation AnarchisteEnsemble, pensons et construisons
la Révolution sociale et libertaire !

 

Toulouse, septembre 2017
Groupe Albert Camus
Organisation Anarchiste Toulouse
organisation_anarchiste@infosetanalyseslibertaires.org
http://infosetanalyseslibertaires.org


– signez et faites signer le manifeste athée :
https://www.change.org/p/le-manifeste-athée –

…Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun… 

…Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun…

Les résultats du premier tour sont sans appel, le « choix des urnes » se fera entre les loups gris de l’extrême-droite et les jeunes loups aux dents longues du libéralisme new-look. Une fois de plus, ceux et celles qui pensaient pouvoir changer leur vie au moyen d’un bulletin de vote en seront pour leurs frais : il ne leur reste plus qu’à ressortir les pinces à linge de 2002 pour aller faire barrage à …
Certain-es y croyaient, à gauche et s’étaient pris à rêver que leur champion se retrouve en finale… Tant de marseillaises chantées et de drapeaux bleu, blanc, rouge agités et à la fin la grande désillusion. Pourtant ce n’est pas si surprenant quand on y réfléchit bien, une autre chanson bien plus intéressante dit très justement : « …Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun… ». A méditer.
Au bout du compte c’est le libéralisme économique qui continue inlassablement à pousser l’avantage sous les habits neufs d’une bande de managers qui nous plumeront comme l’ont fait leurs prédécesseurs.
Une poignée d’oligarques, politiques, économiques et religieux tiennent le monde entre leur griffes et ne sont pas prêts de lâcher prise. Les anarchistes appellent depuis toujours à renverser ce monde archaïque, ce modèle de société fondé sur l’inégalité politique et sociale que les gouvernements qui se succèdent défendent au nom d’une modernité derrière laquelle se cachent une ribambelle de profiteurs réactionnaires qui nous saignent et qui planquent le pognon que nous leurs faisons gagner dans leurs banques.
Malgré la pression étatique et policière des actions de contestation aux formes multiples se poursuivent et c’est tant mieux : car des luttes il va en falloir pour en finir avec cette société qui produit toujours plus de richesses en semant la misère, la guerre et l’injustice qui font le lit du fascisme étatique et religieux.

En finir avec les impasses électorales

Les citoyen-nes ont leur part de responsabilité dans la débâcle d’aujourd’hui: en s’en remettant, élections après élections, aux état-majors politiques, de droite comme de gauche, et aux centrales syndicales pour gérer le monde à leur place et négocier en leur nom. L’entêtement à jouer à l’alternance gauche droite produit les effets dont on peut voir les conséquences aujourd’hui.
Alors oui disons le sans détour, il y a urgence à résister en contestant l’ordre établi avec pour objectif la construction d’un monde nouveau.
Cette construction d’un autre futur ne passera pas par un relookage du personnel politique. Faire de la politique autrement passe par encourager et développer la capacité d’auto-organisation des collectifs d’individu-es, qui se battent pour gagner le pouvoir de décision sur leurs vies. L’avenir c’est l’auto-organisation et l’autogestion étendues à tous les domaines de la vie sociale pour que personne ne décide à notre place.
Cela nécessite une révolution radicale de la vie politique comme l’instauration de mandats révocables et la déprofessionnalisation des activités politiques. Cela nécessite de remplacer la représentation par la délégation à tous les niveaux de la vie sociale, dans les entreprises,  dans les quartiers et les écoles.
 Organisation Anarchiste

 

Ensemble, pensons
et construisons la
Révolution sociale et
libertaire !

 

Toulouse avril/mai 2017
Groupe Albert Camus
Organisation Anarchiste Toulouse

organisation_anarchiste@infosetanalyseslibertaires.org
http://infosetanalyseslibertaires.org


signez et faites signer le manifeste athée :

Pour un 14 juin libertaire à Grenoble

La CNT-AIT 38, l’OA 38, la Rue Râle – FA (Vercors), le Groupe FA (Grenoble) et le CAG – organisations politiques et syndicales présentes en Isère se réclamant des idées libertaires et anarcho-syndicalistes – appellent les anarchistes, libertaires et sympathisants à un rassemblement libertaire le 14 juin à 13h45 (le rendez-vous sera proche de l’arrêt du tramway « Gare ») puis à rejoindre la manifestation organisée par l’intersyndicale locale contre la « Loi Travail » – juste à côté – pour 14h00.

Cette loi n’a qu’une seule finalité : libéraliser complètement le marché du travail en rendant faciles et pas chers les licenciements. La mobilisation actuelle doit permettre une lutte plus globale contre le capitalisme.

Pour les libertaires, la politique n’est pas dans les urnes mais dans la rue. Elle est l’affaire de toutes et tous et non d’une poignée d’oligarques.

Pour les libertaires, la lutte sociale est dans l’action directe, la grève et l’auto-organisation des travailleuses et travailleurs.

Pour les libertaires, tous les états sont policiers, qu’ils soient bourgeois ou ouvriers.

Ensemble, pensons et construisons la révolution sociale et libertaire !

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  • Collectif Anarchiste de Grenoble cag[at]riseup.net
  • Collectif Libertaire « La Rue Râle » – Fédération Anarchiste – laruerale[at]no-log.org
  • Confédération Nationale du Travail – AIT 38 – cnt.ait.grenoble[at]free.fr
  • Groupe de Grenoble de Fédération Anarchiste – grenoble[at]federation-anarchiste.org
  • Organisation Anarchiste 38 – grenoble.ial[at]gmail.com

Pour un 1er Mai anarchiste et libertaire

Les raisons de se révolter sont nombreuses et importantes. La précarité rythme le quotidien d’un grand nombre d’individus pendant que les riches s’empiffrent sans complexe. Et pourtant, nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui sont persuadé-e-s qu’un monde meilleur est possible !

Aussi, nous convions toutes celles et tous ceux qui n’ont pas abdiqué, et qui pensent qu’il faut en finir une bonne fois pour toute avec les fausses solutions, les sempiternels recours illusoires à l’électoralisme, à reprendre avec nous, ensemble, le chemin de l’action directe, celle de la CGT des origines (1895), qui ne faisait pas du patronat un partenaire « privilégié ».

Son programme, le nôtre : action directe, autogestion et maîtrise de nos luttes comme moyens ; société égalitaire et libertaire comme but.

Groupe Anarchiste de Carcassonne – OA

Pour nous contacter : carcassonnegroupe@gmail.com

Quand est-ce qu’on les arrêtera?

Un CDI pour l’état d’urgence

Depuis la mise en place de l’état d’urgence à la suite des attentats de novembre dernier, on se doutait bien que le gouvernement allait le prolonger. En attendant de légiférer pour renforcer encore plus les droits de police, l’État, son Président et son gouvernement ont obtenu sans avoir besoin de batailler le renouvellement des pouvoirs spéciaux votés par la représentation nationale. En distillant méthodiquement les injonctions patriotiques, les déclarations alarmantes pour entretenir la peur et les autojustifications visant à démontrer l’efficacité antiterroriste de l’état d’urgence, le chef de l’État et ses lieutenants ont conditionné l’opinion à l’acceptation massive de la mise entre parenthèse pour longtemps des libertés publiques ou plutôt de ce qu’il en restait…

Les expressions, somme toute raisonnables, dénonçant la prolongation des pouvoirs spéciaux comptent pour du beurre: elles ne pèsent rien devant le rouleau compresseur de l’État. Les bottes bien cirées, les chefs de guerre font leur boulot et en remettent une couche. Après deux CDD l’état d’urgence pourrait bien obtenir un CDI: la raison majeure invoquée pour la première prolongation, la persistance de la menace terroriste, sera toujours invocable et ce pour très longtemps.

La menace permanente du prochain attentat justifie tous les excès de l’État policier: fichage et flicage généralisés, propagande sécuritaire, bricolage de la constitution, enfumage avec le pseudo-débat sur les bi-nationaux, retour du contrôle aux frontières,…

La précarité généralisée pour les autres

Tract-articleToulousemars2016En même temps que nos gouvernants s’affairent à inscrire les pouvoirs spéciaux dans la durée, ils s’appliquent avec une grande détermination à placer les citoyen-nes de ce pays dans une situation de précarité généralisée. La dernière bombe lâchée par les rouleurs et rouleuses de mécanique qui nous gouvernent c’est la loi sur la réforme du code du travail. Celles et ceux qui ont l’expérience des méthodes patronales en entreprise ne doivent pas être surpris par la méthode mise en œuvre. C’est toujours la même façon de procéder: on nous annonce le pire (on ne sait jamais: ça pourrait passer), pour imposer un peu moins que le pire.

En l’occurrence il ne s’agit que de continuer l’œuvre de déconstruction entamée par les gouvernements de droite ou de gauche qui se succèdent aux affaires pour laisser toujours plus de liberté de manœuvre à ceux qui détiennent le pouvoir économique.

Pour mener à bien cette opération, tous les moyens sont bons et toutes les opportunités sont intéressantes. Le contexte post attentats fait partie de ces opportunités qui sont bonnes à prendre. Les chefs du gouvernement ne se privent pas en effet de pilonner l’opinion en nous expliquant que « nous sommes en guerre » et qu’il y a urgence à avancer à marche forcée vers la modernité du « 21ème siècle ». L’arrogance le dispute à la suffisance dans les discours des ministres qui ne tolèrent aucune contestation. Ceux ou celles qui osent exprimer des critiques sont immédiatement taxés d’immobilisme, d’archaïsme. Quant aux salarié-es qui luttent contre les plans de licenciement: à la moindre bousculade, à la moindre pression, c’est le tribunal et la prison qui se profilent.

Démocratie ?

Sur tous les projets c’est la même rengaine: si on n’est pas d’accord c’est qu’on n’a pas compris. Ne pas être d’accord avec la toute puissance de l’économie de marché est considéré par la classe dirigeante comme l’expression d’une déviance pathologique voire d’une hérésie intolérable. Car c’est bien d’une classe qu’il s’agit: celle des oligarques qui se partagent le pouvoir politique et économique. Un pour cent des habitants de la planète possède la moitié de ses richesses: cette statistique spectaculaire en dit long sur l’état du monde.

Une poignée d’oligarques, politiques, économiques et religieux tiennent le monde entre leur griffes et ne sont pas prêts de lâcher prise.

Les espoirs révolutionnaires nés au 19ème siècle ont été broyés et réduits en cendres tout au long du 20ème siècle. Communisme autoritaire, fascismes, guerres mondiales, rien ne nous aura été épargné. De tout cela malgré des progrès techniques et scientifiques considérables il ne reste que le chaos capitaliste et fanatico-religieux.

C’est ce modèle de société fondé sur l’inégalité politique et sociale que les gouvernements qui se succèdent défendent au nom d’une modernité derrière laquelle se cachent une ribambelle de profiteurs réactionnaires qui n’ont rien à envier aux privilégiés de l’ancien régime: les ci-devant que les petites gens devenus citoyen-nes avaient cru chasser pour toujours.

Résister et contester pour construire d’autres futurs

Les citoyen-nes ont leur part de responsabilité dans cette débâcle mondialisée: en s’en remettant, élections après élections, aux état-majors politiques, de droite comme de gauche, et aux centrales syndicales pour gérer le monde à leur place et négocier en leur nom.

Alors oui disons le sans détour il y a urgence à résister en contestant l’ordre établi avec pour objectif la construction d’un monde nouveau.

Ainsi il nous paraît nécessaire de nous opposer aux politiques guerrières et impérialistes des États, à tous les débordements et à toutes les tentatives criminelles auxquelles les pratiques politiques et religieuses quelles qu’elles soient s’adonnent, à toutes les tentatives d’ancrage dans la société de menées racistes, xénophobes et fascistes, ainsi qu’à l’état d’urgence, aux lois sécuritaires et liberticides.

Lutter contre tous les discours identitaires, racistes, religieux, nationalistes, fascistes nous impose de nous engager autour des valeurs suivantes:

  • l’égalité économique et sociale,
  • la défense des droits des femmes contre le patriarcat,
  • la défense de la laïcité,
  • la dénonciation des discours nationalistes et xénophobes d’où qu’ils viennent,
  • la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous
  • la perspective d’une société débarrassée de tous les systèmes de domination,
  • une société que nous voulons, autogestionnaire et solidaire…

Cette construction d’un autre futur ne passera pas par une primaire à gauche ou autre incantations désespérée. Faire de la politique autrement passe par encourager et développer la capacité d’auto-organisation des collectifs d’individu-es, qui se battent pour gagner le pouvoir de décision sur leurs vies. L’avenir c’est l’auto-organisation et l’autogestion étendues à tous les domaines de la vie sociale pour que personne ne décide à notre place.

Cela nécessite une révolution radicale de la vie politique comme l’instauration de mandats révocables et la déprofessionalisation des activités politiques. Cela nécessite de remplacer la représentation par la délégation à tous les niveaux de la vie sociale, dans les entreprises, dans les quartiers et les écoles.

Ensemble, pensons et construisons la Révolution sociale et libertaire !


Groupe Albert Camus

Organisation Anarchiste Toulouse (organisation_anarchiste@infosetanalyseslibertaires.org )

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9 mars 2016 : début d’une lutte prolongée ?

Le gouvernement « socialiste » poursuit sans répit la marche en avant de la société libérale et sécuritaire par le biais de lois, décrets ou réformes antisociales, tout un arsenal qui renforce les pouvoirs de la minorité bourgeoise dominante et précarise encore plus les exclus et les exploités de toutes sortes.

La Liaison Grenoble de l’Organisation Anarchiste dénonce l’inefficacité des journées « de mobilisation » ou de « grève » sans lendemain. Malheureusement, le 9 mars, n’échappe pas à cette règle.Être nombreux dans la rue n’a de sens que si nous nous y maintenons jusqu’à l’obtention de résultats et de victoires : retrait de toutes les lois et décrets qui nous pourrissent la vie et qui nous livrent pieds et poings liés aux requins du libéralisme, de la social-démocratie et de la finance mondialisée.

« Que fait-on là ? »

« Pourquoi se déplacer aujourd’hui et pas un autre jour ? »

« Ne sommes-nous pas les simples pions d’une partie engagée par les bureaucraties syndicales ? »

Les choses ont le mérite d’être claires. Soit nous reconsidérons les modes d’organisation de nos luttes en y insufflant plus d’autogestion, plus d’autonomie, plus de radicalité, soit nous avalerons toutes les « crapuleries » du Pouvoir sans broncher. Une nouvelle fois, il est nécessaire de  réactiver les principes de l’action directe des ouvriers et des employés face aux attaques répétées de l’État et du Patronat. La Résistance ouvrière autogestionnaire en est la traduction sur le plan pratique car elle conduit le mouvement de masse à rendre coup pour coup à l’ennemi.

Dès aujourd’hui nous   nous   mobilisons   pour la victoire. Dans une société où les privilèges existent toujours, la lutte des classes  doit rester le moteur des changements. Seule la grève efficace, autogestionnaire et expropriatrice, nous permettra de changer de société.

Aujourd’hui dans la rue, demain on continue !

Liaison Grenoble – Organisation Anarchiste (mars 2016)

Massacres … et Etat d’urgence !

Des massacres odieux…
BataclanDeux semaines après de nouveaux massacres commis par des religieux fanatiques, passé le choc de l’émotion, de  l’indignation devant l’ignoble barbarie, le temps est maintenant à l’expression.
De tels actes n’ont évidemment aucune justification, quelle qu’elle soit.
Certain-e-s pourront trouver des explications ou des motivations implicites d’ordres divers ; c’est une fois de plus par cécité, par manque d’assurance, voire de fermeté  politique conduisant inévitablement à des positionnements chaotiques.

Des causes bien réelles…
Les raisons profondes de tels actes se nourrissent  effectivement d’un  certain nombre de causes facilement décelables pour le commun des mortels.
Citons ici, sans les hiérarchiser,  les « systèmes iniques », lesquels sans exception aucune s’établissent sur ce que nous nommons DOMINATION.
La vie des Humains est ainsi encadrée par le capitalisme, l’affairisme, les religions, les nationalismes, les
Gouvernants etc.
Le  nationalisme, lequel  à côté d’un  attachement naturel au  lieu de naissance, au  mode d’existence, à  une  façon particulière de parler et d’agir, se réfère par-dessus tout à sa capacité à produire des groupes, des classes sociales et les  hiérarchies qui s’y rattachent…  Le nationalisme, à la racine, est destructeur et réactionnaire.  C’est  un produit de l’action de l’Etat et des  élites dirigeantes.
L’évolution sociale des peuples ne peut pas être coincée dans d’étroites  frontières restreintes, celles de l’Etat-Nation sans nuire aux individus qui y « survivent ». Les frontières qui nous séparent, nous divisent, nous opposent.
Le recours aux conflits entre nations, à la guerre, devient alors très souvent – trop souvent – une conséquence  devant laquelle les dirigeants ne reculent pas. Ils n’hésitent pas à s’y engager. Il faut préciser du reste qu’en réalité ils n’hésitent pas à engager leurs peuples.
Les guerres sont source de mort, de souffrance, d’exil. Au final, des territoires et des pays peuvent changer de mains, mais des potentats remplacent d’autres potentats et les peules restent opprimés comme ils l’étaient auparavant.  Seuls les drapeaux  et les dirigeants changent mais les systèmes, les conditions sociales iniques et les hiérarchies subsistent !
Le  capitalisme poursuit son œuvre destructrice de la vie humaine en privilégiant ses intérêts propres. Les capitalistes, quelle que soit leur nationalité, poursuivent un même et unique but : faire des affaires s’enrichir au détriment des classes exploitées… Le commerce des armes, les conflits et les guerres  qui l’alimentent  n’ont jamais été des obstacles à l’attitude d’une inhumaine inconséquence du capitalisme.  Ainsi, les capitalistes peuvent s’y vautrer sans aucune espèce de retenue.
Les conséquences… Ce n’est pas leur affaire !
Les religions, toutes les religions, ont été pourvoyeuses de conflits, de  guerres internes et/ou extérieures et, par le biais des dogmes et injonctions qu’elles véhiculent, se sont souvent sinon toujours posées comme des justifications aux  actes les plus barbares auxquels les peuples ont été confrontés. C’est une évidence qu’il est difficile de mettre en doute, les religions sont encore aujourd’hui  des obstacles à la prise de conscience des individus de l’état social, de l’état économique, de l’état culturel dans lesquels ils se trouvent  plongés. Aucune espèce de projets de vie, sinon un ascétisme et la « promesse d’un au-delà paradisiaque », un paradis pour  après… et encore à la condition d’avoir été « un bon croyant ».
Difficile dès lors qu’il y a à la fois  choix et  encombrement.   Chacun nous raconte  sans sourciller qu’il y a un seul Dieu, un seul prophète, et pour chacun d’eux un guide particulier …
Les gouvernants enfin nous distillent des discours qui tendent en premier lieu à dédouaner les uns et les autres des responsabilités bien réelles qui sont les leurs.
En premier lieu ils dénoncent les actes barbares qui sont perpétrés et s’empressent de signaler que les acteurs de tels massacres sont des « terroristes », des individus « qui se servent de la religion », « des ignares, individus primaires et sans conscience » écartant ainsi toute attache avec un des fondements de la Domination : le recours au religieux.
Ils n’évoquent pas les conséquences des conflits et des guerres et même s’emploient à intensifier leur participation aux actes guerriers, aujourd’hui en Irak et en Syrie,  en bombardant des populations civiles, même si ces dernières ne sont pas « les cibles ».
Ils parlent d’unité nationale… Ils font chanter la marseillaise… Et ils agitent les trois couleurs…
Le fascisme rampant, dans une telle situation, peut faire son miel et les apprentis autoritaires et fascisants ne
s’en privent pas !

Etat d’urgence… Urgences d’Etat
th7YNSZ9M1Les gouvernants finissent par tisser le  maillage sécuritaire déjà existant, destiné nous disent-ils à éviter toute tentation terroriste…
Contrôles aux frontières renforcés… Présence policière et militaire  décuplée… Sécuritaire partout…
Arsenal de lois liberticides qui s’enchevêtrent et qui font d’un pays, d’un continent, un vaste camp de surveillance, sinon une prison.
L’Etat d’urgence, après une période initiale de 15 jours s’est  vu porté  à 3 mois par un vote quasi unanime des représentants de l’Assemblée nationale et du Sénat dans les jours qui ont suivi les attentats…
Des perquisitions par centaines, des assignations à résidence par dizaines, l’interdiction de rassemblements et de manifestations sans autre forme de procès s’installent dans le paysage de la dite République.
La raison invoquée par les élus et le gouvernement pour justifier ce qui constitue une mise entre parenthèses du « droit » au profit de l’arbitraire administratif, c’est la menace terroriste qui pèse sur le pays.
Nous sommes légitimes à nous poser cette question : « Qu’adviendra-t-il dans 3 mois ? » « La  menace terroriste aura-t-elle disparu ? »  Sûrement pas ! « L’état d’urgence sera-t-il levé ? »  On peut penser que non.

Les urgences réelles
Si urgence il y a, c’est bien de dénoncer l’état d’urgence qui vient s’ajouter comme une cerise sur le gâteau de la loi sur le renseignement ou plutôt sur le mille-feuille des lois sécuritaires et liberticides qui s’empilent depuis des années.
Si urgence il y a, c’est bien de défendre nos libertés pour défendre la Liberté avec un grand L :
• Face à la barbarie du fascisme religieux,
• Face à l’incurie des états va-t-en guerre,
• Face à la tyrannie capitaliste,
• Face à la surveillance généralisée.

Ce constat et cette volonté pleins de bon sens et de lucidité doivent conduire à résister aux discours des politiciens de tous bords qui surfent sur la peur encore et toujours. Leur discours est assez simple finalement : restez chez vous, faites ce qu’on vous dira de faire, on s’occupe de tout !
A ce jeu-là les libertés ne valent pas cher et il n’y aura jamais de sécurité pour les citoyen-ne-s que nous sommes.
Nous n’en voulons que pour preuves les interdictions des manifestations et rassemblements de revendications sociales et nous pouvons y ajouter les  descentes policières  faites chez des militant-e-s zadistes ou les détracteurs de la grande messe de la COP 21.
Ajoutons à cela,  les arrestations de manifestant-e-s à Paris, dimanche 30 novembre, arrestations et poursuites faisant suite à la marche pour le climat (COP 21)…
Et pendant ce temps là,  les échanges commerciaux continuent et  les profits restent garantis. C’est ainsi que les marchés de Noël, à Paris, à Strasbourg et  les soldes  ont  bien lieu et sont sécurisés.

De la même manière que nous condamnons tous les actes barbares et les assassinats aveugles et toutes les violences dirigées contre les populations civiles, nous  nous élevons avec la même vigueur contre  ces agissements des politiques, lesquels surfant sur de faux prétextes,  s’attachent à légitimer des atteintes à nos libertés et font de nous des spectateurs mineurs.
Nous affirmons ici que nous refusons  leurs guerres, celles qui engendrent nos morts !

Organisation Anarchiste
Novembre 2015